Témoignage de Michel Poudière, au nom de Michel et Geneviève
Quand j’ai voulu commencer à écrire mon témoignage qui m’a amené à ma conversion à Jésus-Christ, je ne savais pas par où commencer, alors je vous le raconte simplement comme je l’ai vécu, moi et ma famille, afin que ce témoignage puisse être aussi une espérance comme il l’a été pour moi, pour ceux qui vivent la même tragédie ou qui la vivront, pour tous ceux qui ont perdu un être cher dans leur vie.
À cette époque, je travaillais dans les pompes funèbres la nuit, ainsi que le week-end j’étais pompier volontaire, et j’y ai vécu des moments difficiles en voyant la misère et les tragédies des familles qui perdaient leurs bien-aimés dans la maladie ou les accidents. J’ai même parfois pleuré en voyant la peine de ces familles et, malgré ma compassion pour elles, j’étais loin du compte de ce qu’elles pouvaient ressentir et vivre.
Un jour, le 27 septembre 1986, se produisit la même tragédie pour moi et ma famille. Je perdis mon fils de 20 ans dans un accident de la route à 3 km de notre domicile. Il revenait de la salle de sport sur une mobylette et une voiture l’a percuté à l’arrière et l’a projeté contre un arbre, et il y perdit la vie.
Je me trouvais à ce moment-là en tant que pompier aux arènes de Nîmes pour un service de sécurité, et j’ai entendu les secours de Vauvert se rendre sur cet accident sans me douter qu’il s’agissait de mon fils. L’officier de service me fit appeler et me dit : « Michel, assieds-toi ». À ce moment-là, j’ai compris qu’il s’agissait de mon fils, car j’avais eu des pressentiments avant, et il me dit qu’il fallait que je rentre chez moi car il est arrivé quelque chose de grave. Je me suis retrouvé complètement anéanti, sans force, désespéré, car je savais qu’il n’y avait plus rien à faire, que c’était fini.
L’officier me ramena à la maison et me demanda où il devait conduire mon fils, soit à la morgue, soit à la maison. Je lui ai dit : à la maison.
En rentrant chez moi, je trouvais ma femme dans une crise de désespoir telle qu’il fallut qu’un médecin lui fasse une piqûre pour la calmer. Mes deux autres garçons, de 18 et 6 ans, se trouvaient également très malheureux. Personne n’a pu dormir de toute la nuit.
Le lendemain, je faisais le tour de ma maison et je me suis mis à crier à Dieu, en lui demandant que s’il existait, qu’il me dise pourquoi. Et Dieu m’a répondu si fort dans mon cœur que je l’ai entendu dans mes oreilles, comme s’il était à côté de moi, comme s’il me disait qu’il était là avec moi et que si je voulais le connaître, j’allais savoir qui il était.
Alors je me suis demandé comment j’allais le connaître. J’ai demandé à mon beau-frère Gérard, le frère de ma femme. Je me suis rappelé qu’il m’avait déjà parlé de Dieu et de Jésus, et au téléphone, en lui annonçant la perte de son neveu, je lui demandais comment connaître Dieu. Il me répondit que le seul et meilleur moyen de connaître Dieu était de lire la Bible, car il se révèle par ce livre. Je me souviens qu’il me l’avait déjà dit, mais j’écoutais d’une oreille et cela sortait par l’autre. Je trouvais mon beau-frère bien gentil, mais je n’avais jamais trop bien compris ce qu’il voulait dire.
Plus tard, il nous conduisit dans une petite église de maison pour nous aider à être enseignés et à accepter Jésus-Christ comme notre Sauveur. Après cela, j’ai commencé à lire la Bible. J’y ai lu des choses merveilleuses, mais aussi dramatiques. Quand j’ai lu que tous les hommes sont pécheurs et condamnés à vivre l’enfer éternel, pour tous ceux qui ne sont pas convertis, qui négligent ou refusent cette grâce que Dieu offre pour leur salut, alors la douleur et le désespoir m’envahirent davantage que le jour du décès de mon fils. J’ai cru que mon fils était perdu pour l’éternité en enfer, et ma douleur fut si grande que je me mis encore à crier à Dieu pour qu’il le ressuscite, car il pouvait le faire. Je croyais que Dieu est Dieu et que rien ne lui est impossible, vu que son Fils Jésus guérissait des malades, faisait marcher des infirmes, donnait la vue aux aveugles et même ressuscitait des morts.
Mais là, aucune réponse comme la première fois. Je continuais à lire ma Bible et j’ai aussi reçu une réponse en lisant l’histoire du roi David dans 2 Samuel 12, versets 1 à 23. Voilà le passage par lequel Dieu m’a répondu : 2 Samuel 12, versets 15 à 23, surtout les versets 22 et 23. C’est David qui répond à ses serviteurs : « Tant que l’enfant vivait encore, je jeûnais et pleurais, car je me disais : qui sait ? Peut-être l’Éternel aura-t-il pitié et laissera-t-il l’enfant en vie. Maintenant qu’il est mort, pourquoi jeûnerais-je ? Est-ce que je peux le faire revenir à la vie ? C’est moi qui irai le rejoindre, mais lui ne reviendra pas vers moi. »
C’est comme si Dieu me disait de ne pas m’inquiéter pour mon fils Serge, mais plutôt prier pour mes autres enfants qui sont dans ce monde, et surtout pour son frère Sylvain. Prier pour son salut.
Après cette lecture, je repris un peu d’espoir puisqu’entre-temps j’avais accepté Jésus-Christ comme mon Sauveur et Seigneur de ma vie. Alors j’acceptais la décision de Dieu, mais je voulais aussi avoir davantage la certitude de ce qu’il était advenu de mon fils.
J’ai pleuré jour et nuit pendant deux mois et demi sans pouvoir m’arrêter. Je ne pouvais plus travailler, plus rien ne comptait, plus rien n’existait.
Alors j’ai prié, demandant à Dieu de me révéler plus exactement où se trouvait mon fils, qu’il me le révèle dans un songe comme il se révélait à ses prophètes dans l’A.T., ainsi qu’à Joseph, le père adoptif de Jésus, à qui il demanda de partir en Égypte pour protéger le petit enfant, car le roi Hérode voulait le tuer. J’ai fait cette prière sans en parler à ma famille, mais qu’il le révèle à ma femme, soit à mes autres fils, comme il le veut.
Le lendemain, à mon réveil, je n’avais pas eu de songe, et j’ai compris que si j’avais eu ce songe, j’aurais douté et je me serais dit que je l’avais tellement dans ma tête que j’en ai rêvé.
Mais quelle grâce et quelle bonté Dieu nous a accordées, dans son amour pour ma famille et pour moi, pour nous consoler. Geneviève, ma femme, se réveille et me dit que Serge est venu nous voir. Elle lui a demandé où il était et ce qu’il faisait, et il lui a répondu qu’il servait le Christ dans le ciel. Ma femme lui reposa une question en lui demandant ce qu’il ferait à notre place ; il répondit : « Je continuerais à lire la Bible ». Comme s’il nous disait que c’est ce qui est le plus important dans ce monde.
On parlait ensemble en se demandant comment se fait-il qu’il soit au ciel avec Jésus. Ma femme se souvient que le jour de ses 18 ans, on lui avait donné de l’argent pour qu’il s’achète son cadeau d’anniversaire, et il était revenu avec une croix protestante autour du cou. Ma femme était surprise de son achat et lui demanda pourquoi il avait choisi ce cadeau, et il a répondu : « Pour que tout le monde sache que je crois en Jésus-Christ».
Quel soulagement, quelle espérance.
Une semaine plus tard, je trouvais un petit Évangile de Jean dans sa table de nuit, ainsi qu’un nom et un numéro de téléphone. Je téléphonai à ce numéro et je suis tombé sur un pasteur d’une assemblée chrétienne de Nîmes, et je lui racontai mon histoire. Cet homme était bouleversé et m’a encouragé à garder cette foi. Je lui ai également demandé où se trouvait la personne qui avait donné cet évangile à mon fils. Il m’a répondu qu’il était parti au Canada et qu’il n’avait plus de nouvelle. Cet homme s’appelle Richard Pin.
Après cela, une église évangélique s’installe dans mon village, et j’ai trouvé cela formidable, et je me suis dit quelle chance d’avoir une église à côté de ma maison. Encore une bénédiction de notre Seigneur. Je me rendis donc dans cette église où je fus accueilli très gentiment, et je donnais mon témoignage en demandant si quelqu’un connaissait M. Pin. On me répondit qu’ils le connaissaient très bien, car il faisait partie de cette assemblée et qu’il serait au prochain culte qui se ferait à Nîmes. Je me suis donc rendu dans cette salle, et à la fin du culte, on me présenta Richard Pin. Je lui ai raconté mon histoire et il en était tout bouleversé et touché, car il y était impliqué. Je lui présentais le petit Évangile de Jean sur lequel était écrit son nom et je lui demandais si cet évangile venait de lui et s’il se souvenait à qui il l’avait donné. Il m’expliqua qu’il se rendait parfois à la sortie du lycée Dhuoda, là où mon fils faisait justement ses études, et qu’il avait rencontré trois jeunes à qui il avait parlé du salut en Jésus-Christ. Il leur avait demandé de prier et d’accepter Jésus comme leur Sauveur et Seigneur personnel, et l’un des trois lui répondit qu’il allait le faire en rentrant chez lui dans sa chambre. Nous pensons que ce devait être mon fils Serge. Je comprends pourquoi c’était un garçon qui n’était pas rebelle et qui était doux dans son comportement.
À la suite de cette histoire, plusieurs personnes de notre famille se sont converties à Christ : ma femme, moi, deux sœurs de ma femme, ma mère et mon père (qui s’est converti deux mois avant sa mort), et mon plus jeune fils Nicolas un peu plus tard.
Entre-temps, en rangeant les affaires de mon fils Serge, je trouvai des feuilles volantes où mon fils écrivait ce qu’il faisait de ses journées, comme quelqu’un qui prépare un journal personnel ou qui veut garder des souvenirs. Sur l’une d’elles, il était écrit : « Qu’il est doux de mourir pour son Seigneur et pour ses parents ». Je ne comprends pas pourquoi, car c’était un garçon qui avait l’air de vouloir vivre puisqu’il avait des projets pour sa vie, et comment il pouvait savoir que sa mort nous amènerait à Jésus et que nous serions sauvés, c’est un mystère.
Notre fils nous manque, mais je sais que si Dieu ne m’avait pas brisé à ce point, j’aurais fini en enfer pour l’éternité. Je croyais que Dieu existait, mais je n’étais pas sauvé. Je ne m’étais jamais tourné vers celui qui seul peut nous sauver (Actes 4:12), et je ne savais même pas que Christ était le Sauveur du monde. J’avais eu une éducation catholique, mais l’emphase était sur Marie, et de ce fait Jésus était au second plan.
Nous savons qu’il est à l’endroit le plus merveilleux, avec la Personne la plus extraordinaire et merveilleuse de l’univers, et qu’il n’est pas perdu pour nous, puisque nous allons le retrouver et pouvoir le serrer dans nos bras.
DIEU nous remplit d’espérance, de joie et d’amour malgré les pires moments de notre vie.
