J’aurais tellement de choses à raconter…
Tant de moments où Dieu et l’Église ont été présents dans ma vie. Je ne pourrais pas tout dire tellement Sa fidélité et l’amour de cette famille spirituelle ont marqué mon parcours. Alors je partagerai simplement quelques saisons importantes.
Portée au coeur du deuil
Lorsque mon mari Jean-Philippe est tombé malade, puis lorsqu’il est décédé, la douleur a été réelle. Profonde. Traversante.
La perte de mon mari n’a pas été la première grande fracture de ma vie. D’autres tempêtes, plus anciennes et profondément déchirantes, avaient déjà marqué mon histoire.
J’aimais Dieu, mais je ne savais pas encore ce que signifiait être réellement portée par une famille spirituelle.
Et pourtant, au cœur même de cette épreuve, j’ai expérimenté quelque chose d’inexplicable humainement : Dieu m’a portée de façon miraculeuse.
Dans l’accompagnement de fin de vie, dans les décisions difficiles, dans l’épuisement, dans les jours qui ont suivi son départ… je n’ai pas sombré. Ce n’était pas ma force. C’était comme si une main invisible me soutenait à chaque pas.
Et Dieu a choisi de passer par Son Église pour me porter.
Je me souviens de ces mains tendues.
Des appels fréquents.
Des messages de soutien.
Des repas déposés quand je n’avais même plus la force de penser au quotidien.
Je me souviens aussi de la puissance de la prière de l’Église. Savoir que je n’étais pas seule à crier vers Dieu. Que des frères et sœurs intercédaient pour moi. J’ai réellement senti cette prière me soutenir.
Je voudrais aussi honorer particulièrement notre pasteur. Depuis que je suis dans cette Église, il a été pour moi un vrai berger. Présent dans les grandes décisions, dans les moments de doute, dans les épreuves, mais aussi dans les joies. À la fois guide spirituel et ami fidèle.
Dans la maladie, dans le deuil, il a été là. Avec discrétion, écoute et prière. Cette fidélité sur la durée est un cadeau immense.
Après le décès de mon mari, j’ai été accueillie chez des sœurs merveilleuses, le temps de trouver un autre logement. Elles m’ont ouvert leur maison, mais surtout leur cœur. Au milieu du deuil, ces moments ont été comme des oasis. Des instants bénis où, malgré la perte immense, je pouvais encore goûter à la présence fidèle de Dieu.
L’Église a su être là. Concrètement. Fidèlement.
Une lumière dans l’obscurité
Quelques années plus tard, une autre épreuve m’attendait.
Suite à une opération de l’œil qui devait être anodine, j’ai développé une grave infection. J’ai failli perdre mon œil. Hospitalisée à la Timone, à Marseille, pendant plusieurs semaines, loin de chez moi, j’aurais pu me sentir abandonnée.
Mais là encore, Dieu m’a portée.
Des sœurs faisaient des allers-retours réguliers pour me voir, m’accompagner et me ramener. Bravant leurs craintes, n’hésitant pas — malgré leur âge — à conduire à Marseille quotidiennement, puis tous les deux jours, parce que je ne voyais rien.
Leur présence était une lumière dans mon obscurité.
Je me souviens aussi de notre pasteur, qui connectait la visio pour que je puisse assister aux réunions et qui appelait chaque jour pour prendre des nouvelles.
Il ne se contentait pas de prendre des nouvelles. Il faisait tout pour que je me sente encore partie prenante, encore au cœur de l’Église, malgré la distance et la fragilité.
À travers sa présence fidèle, j’ai vu le cœur d’un berger qui ne laisse pas l’une de ses brebis isolée.
Même depuis une chambre d’hôpital, je restais reliée à ma famille spirituelle. Je n’étais pas mise à l’écart par l’épreuve. Au contraire, je me sentais portée.
Et là encore, j’ai expérimenté la puissance de la prière. Dans la peur de perdre mon œil, une paix immense m’a envahie. Une paix qui dépassait ma compréhension.
Une joie qui nous a portés
Et puis il y a eu les saisons de joie.
Avant même notre mariage avec Benoît, l’Église a été présente. Bien avant les préparatifs, bien avant la cérémonie.
Notre rencontre n’a pas été seulement une belle surprise humaine. Au fil du temps, des frères et sœurs ont discerné quelque chose de paisible et d’harmonieux dans notre relation. Certains nous ont confié qu’ils percevaient une cohérence, une évidence douce, avant même que nous mesurions nous-mêmes ce qui naissait.
Cela nous a rassurés, sans jamais nous influencer.
L’Église a prié. Elle a accompagné. Elle a encouragé.
Notre pasteur aussi a été présent, à la fois guide pratique et guide spirituel. Dans les échanges, les conseils, les préparatifs, il nous a aidés à poser des fondations solides, avec discernement et paix.
Puis est venu le mariage.
Lors de notre mariage avec Benoît, j’ai vu une autre facette de l’Église.
Des mains qui aident.
Des idées qui fusent.
Des rires.
Des conseils.
Des bras ouverts.
Ce n’était pas seulement un événement organisé. C’était une célébration portée par une famille. Une joie partagée, sincère, profonde.
Après les vallées traversées, Dieu a écrit une nouvelle page de mon histoire. Une page de restauration, de douceur et d’espérance. Et l’Église s’est réjouie avec nous, pleinement, comme une vraie famille
À travers toutes ces années, j’ai découvert que l’Église n’est pas un lieu.
Une famille riche de sa diversité, de ses dons différents. Dieu s’est servi de chacun, à des moments précis, pour me soutenir, m’encourager, me consoler, me relever.
Je me suis sentie accompagnée par des frères et sœurs précieux.
Et guidée par un berger fidèle.
Aujourd’hui encore, je sais que je n’avance pas seule.
Des liens continuent de se tisser.
De belles surprises surgissent, comme ces personnes que Dieu place sur mon chemin.
Des relations s’approfondissent. D’autres naissent.
L’Église est vivante. Elle grandit, elle évolue, elle se renouvelle.
Et je sais que les saisons à venir, quelles qu’elles soient, se vivront encore en famille.
Je rends grâce à Dieu pour Sa fidélité.
Je remercie mes frères et sœurs en Christ pour leur présence précieuse au fil des années.
Et je rends aussi grâce pour mon mari, compagnon de route et frère en Christ, qui marche à mes côtés chaque jour, m’encourage, me soutient… et m’aime fidèlement.
« Dieu place les solitaires dans une famille. »
— Psaume 68:6
