· 

Avec vous depuis Madagascar - Chronique de mission à Antananarivo - Juin 2026

Chers amis,

Le mois de juin a été marqué par la 66ᵉ année de l’Indépendance nationale de Madagascar, ce 26 juin. Les rues d'Antananarivo étaient animées de musique, de drapeaux et de festivités.

Au-delà de cette ambiance joyeuse, nous continuons à découvrir une réalité spirituelle très particulière. Beaucoup de Malgaches se déclarent chrétiens, mais la foi est souvent mêlée à d'autres influences : traditions ancestrales, peur des ancêtres ou encore enseignements de mouvements religieux qui annoncent un autre évangile.

Ce mois-ci, plusieurs rencontres nous ont rappelé combien il est important d'annoncer simplement l'Évangile de la grâce.

Un autre évangile ?

Nos évangélisations et nos études bibliques avec les étudiants se poursuivent fidèlement.

Ce mois-ci, j'ai eu une très belle discussion avec Harli, un jeune homme très sympathique qui participe régulièrement à notre groupe.

Au cours de notre conversation, il m'a expliqué que, depuis quelques mois, il fréquente une église mormone. Les activités proposées y sont nombreuses : bourses d'études, cours d'informatique, apprentissage de l'anglais. Il pensait naturellement avoir trouvé une église chrétienne.

Nous avons alors pris le temps d'ouvrir la Bible ensemble afin de parler de la grâce de Dieu.

Nous avons discuté de cette vérité si précieuse : nous sommes sauvés par grâce, au moyen de la foi en Jésus-Christ, et non par nos œuvres, nos mérites ou notre appartenance à une organisation religieuse.

Cette conversation m'a rappelé combien la confusion spirituelle est présente ici. Beaucoup recherchent sincèrement Dieu, mais ne connaissent pas encore pleinement l'Évangile de la grâce.

Merci de prier pour Harli, afin que le Seigneur continue son œuvre dans son cœur.

Une belle rencontre dans le quartier

Au cours de ce mois, le Seigneur m'a aussi permis de passer du temps avec Fetra, un jeune homme de vingt-cinq ans, père d’une petite fille. Nous avons longuement discuté de sa foi.

Fetra m'a expliqué combien les traditions ancestrales malgaches, appelées Fomban-drazana malagasy, occupaient encore une place importante dans sa famille.

À Madagascar, beaucoup se disent chrétiens, mais les croyances traditionnelles demeurent très présentes. Le respect et parfois la crainte des ancêtres influencent encore de nombreuses décisions familiales. Les fady (tabous ancestraux) et la recherche de protection auprès des ancêtres font partie du quotidien de beaucoup de personnes.

Cette réalité crée souvent un mélange entre christianisme et traditions ancestrales.

Au fil de notre conversation, j'ai eu la joie de lui présenter Jésus-Christ et son œuvre accomplie à la croix.

Nous avons parlé de cette merveilleuse vérité : Jésus est le seul médiateur entre Dieu et les hommes. Son sacrifice est pleinement suffisant pour nous réconcilier avec Dieu. Nous n'avons plus besoin de vivre dans la crainte ni de chercher d'autres médiateurs, car le salut est un don gratuit reçu par la foi.

Je ne sais pas encore comment cette semence portera du fruit, mais je remercie le Seigneur pour cette porte qu'il a ouverte.

Une petite fille nommée Christianah

Une autre rencontre a profondément touché notre cœur.

Alors que Minna et moi marchions près de notre quartier, Christianah, une petite fille d'environ dix ans, en habits poussiéreux et déchirés, est venue mendier quelques ariarys (argent).

Nous pensions que nos chemins se sépareraient rapidement. Mais Christianah avait décidé autrement…

Elle s'est mise à nous suivre et a continué ainsi pendant près d'un kilomètre, insistant avec beaucoup de détermination pour recevoir quelque monnaie.

Sa persévérance m'a rappelé la femme cananéenne des Évangiles, qui implorait Jésus avec insistance pour sa fille malade. Bien sûr, les situations sont très différentes, mais cette même persévérance témoignait d'un profond besoin.

Finalement, nous nous sommes arrêtés dans l'un de ces petits restaurants de bord de route, ouverts sur la rue, avec leurs simples bancs en bois. Nous lui avons offert un repas.

Pendant que nous mangions ensemble, grâce à un traducteur, j'ai simplement pu lui parler de Jésus. Je lui ai dit que Jésus l'aimait profondément, qu'il connaissait sa vie et qu'il désirait une relation avec elle. Je ne voulais pas lui transmettre un long enseignement, mais simplement lui faire entendre que quelqu'un l'aimait d'un amour parfait.

Deux jours plus tard, nous l'avons croisée de nouveau. En nous voyant, son visage s'est illuminé d'un immense sourire, ses bras se sont grands ouverts. Cette fois-ci, nous lui avons offert un paquet de biscuits ! 😊

Je ne parle pas encore le malgache, mais je suis persuadé que l'amour de Christ dépasse largement les barrières de la langue. Je prie que ce simple repas partagé et ces quelques paroles sur Jésus demeurent gravés dans son cœur.

 

Merci pour vos prières et votre soutien. S'il vous plaît, continuez de prier pour des conversions, pour toutes ces précieuses personnes que le Seigneur place sur notre route, pour nos études bibliques, nos rencontres et notre apprentissage du malgache.

 

 

[P. David et Minna]