Il y a des projets qui ne sont pas seulement des départs… mais des envois.
C’est le cas de Pasteur David et de Minna, qui s’apprêtent à quitter la France pour s’installer à Madagascar, où une nouvelle mission les attend. Avant leur départ, j’ai eu le privilège de leur poser quelques questions sur cette aventure de foi, d’amour et d’engagement humain.
Une vision née dans le cœur de Dieu
1. Pasteur David, comment est née cette vision de partir à Madagascar ?
J’ai entendu parler de Madagascar il y a plus d’un an grâce au projet porté par mon ami, le pasteur Luigi Palmieri, que nous avons accompagné au Togo et au Bénin. L’église de Nîmes a ensuite repris ce flambeau avec le désir d’agir sur l’île. Des émissions de radio ont été organisées dans la continuité de son travail. Mira, notre sœur engagée de l’église de Nîmes, a aussi été une motivation pour moi lorsque je me suis rendu sur place l’année dernière.
Lors de ce voyage de trois semaines, j’ai rencontré des chrétiens qui demandaient de l’aide concernant la Parole de Dieu. L’aide pratique aux chrétiens serait au cœur d’un futur ministère. Ces échanges m’ont poussé à remettre cette vision entre les mains de Dieu et à m’engager.
2. Ensemble, comment avez-vous discerné que c’était le bon moment pour partir ?
La mission est sur nos cœurs. Être pionniers et implanter une œuvre ne nous a jamais rebutés. La distance ne nous permet pas de multiplier les voyages de préparation, mais Dieu le sait. Nous n’allons pas en terre inconnue : nous avons des amis sur place et une expérience du continent africain, même si chaque peuple est différent.
Pourquoi maintenant ? Les derniers événements (comme le coup d’État) m’ont encouragé : la population semble espérer un renouveau, et le président par intérim est chrétien. Quant à notre âge et notre santé, nous ne souhaitons pas nous laisser limiter.
3. Minna, comment as-tu reçu cet appel personnellement ?
Je l’ai accepté progressivement. La mission est l’appel de mon mari, donc c’est aussi le mien. Lorsque nous sommes dans la volonté de Dieu, Il nous donne la capacité de vivre ce qu’Il place devant nous.
Foi, humanité et impact local
4. Madagascar est un pays où la pauvreté reste présente. Quelle est votre vision humanitaire ?
Ce champ missionnaire est particulier. Dieu devra nous guider par des rencontres et des opportunités qui permettront d’aider certaines personnes de manière concrète.
Le livre de Jacques — parmi d’autres — rappelle que l’être humain n’est pas qu’esprit : l’Évangile touche chaque aspect de la vie. L’identité en Christ est essentielle. Lorsqu’elle est enseignée et intégrée, elle transforme tous les domaines.
Le peuple malgache est très intelligent et volontaire. Nous espérons que Dieu montrera la puissance de l’Évangile dans les choses pratiques, pour conduire le peuple de Dieu vers l’autonomie.
5. Comment cette dimension d’aide s’intègre-t-elle à votre mission spirituelle ?
La Parole nous encourage à aimer notre prochain comme nous-mêmes. Cela implique des actions concrètes et ouvre des portes pour partager l’Évangile.
Jésus accomplissait des miracles qui changeaient la vie des gens et révélaient son identité. Former des disciples, c’est aussi manifester l’amour de Dieu. La parole de Jésus : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » reste actuelle.
La préparation et la foi
6. Pasteur David, comment te prépares-tu à ce changement de vie ?
Je reste proche de Dieu : c’est Lui qui sait ce dont j’ai besoin. Notre vie est un cheminement fait d’expériences, de rencontres et de notre relation avec le Seigneur. D’une certaine manière, je me prépare depuis ma naissance.
Sur le plan matériel, nous faisons du tri : dans l’avion, on ne peut pas tout emmener. Nous avons reçu des promesses de dons de l’église de Nîmes, et les églises de Finlande et de Baltimore devraient nous soutenir. Dieu ne manque jamais à sa provision : nous verrons bien d’où viendront les corbeaux.
7. Y a-t-il un verset qui vous accompagne ?
« Je vous confie à Dieu et au message de sa grâce, lui qui a le pouvoir d’édifier et de vous donner un héritage avec tous les saints. » Actes 20.32
8. Quelles émotions ressentez-vous à l’approche du départ ?
Nous partons avec sérénité. Dieu et notre relation avec Lui sont l’essentiel. Le connaître et le faire connaître reste notre objectif, ici comme là-bas.
Sur le terrain
9. Pouvez-vous décrire le lieu où vous allez vivre ?
Antananarivo est densément peuplée (environ 3 millions d’habitants). On y trouve de nombreuses universités et une grande diversité de quartiers. La ville est construite sur des collines, avec de nombreuses rues escarpées. Les habitations vont des maisons en tôle aux immeubles récents.
Nous espérons trouver un appartement pas trop loin du centre, proche des universités mais loin des embouteillages et de la pollution. C’est un sujet de prière.
10. Quelle sera la première étape de votre mission ?
Après les repérages, nous souhaitons évangéliser dans deux ou trois lieux pour observer la réponse des universitaires, ainsi que dans certains parcs. Nous inviterons ensuite les personnes rencontrées à discuter autour d’un café pour approfondir l’Évangile, avant d’organiser une étude biblique chez nous.
11. Avez-vous déjà une église locale ou une équipe ?
Nous souhaitons visiter quelques frères et sœurs dans leurs églises locales pour comprendre leur culture d’église et l’enseignement qu’ils reçoivent. Nous n’avons pas encore d’équipe, même si certains ont exprimé le désir de nous visiter.
Un projet porté à deux
12. Comment vivez-vous ce projet en couple ?
Nous nous encourageons mutuellement dans les préparatifs… et dans la patience.
13. Quels défis anticipez-vous ?
La langue malgache, les transports, la sécurité, la logistique (eau, électricité), les visas long terme… Nous avancerons étape par étape. Le rythme malgache n’est pas celui de la France : il faudra patience et adaptation.
Espérance et prière
14. Quelle est votre plus grande espérance ?
Que Dieu nous utilise pour le salut des âmes et la formation de disciples capables de poursuivre l’œuvre.
15. Comment pouvons-nous prier pour vous dans les prochains mois ?
Vous pouvez prier pour plusieurs points importants :
- Les visas long terme, pour que les démarches administratives se déroulent sans obstacle.
- La rencontre d’une personne pour nous apprendre le malgache.
- Un appartement bien situé, proche des universités dans un environnement sain.
- Des rencontres clés, avec des personnes sensibles à la direction de Dieu.
- Les finances, pour que tout soit pourvu au bon moment.
- La santé, qu’elle soit préservée dans cette transition.
- La sagesse et une stratégie adaptée pour discerner les bonnes priorités durant la première année.
Leur départ nous rappelle que la foi conduit parfois à faire des pas courageux. Ils partent confiants, certains que Dieu prépare le terrain — pour annoncer l’Évangile et semer des graines d’espérance dans les cœurs qu’ils rencontreront.
